Armand Durand; ou, La promesse accomplie. Mrs. Leprohon

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Название Armand Durand; ou, La promesse accomplie
Автор произведения Mrs. Leprohon
Жанр Языкознание
Серия
Издательство Языкознание
Год выпуска 0
isbn 4064066084547



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voisin Dupuis, interrompit Paul qui commençait à se fâcher, vous avez pris ce matin, outre votre part de rhum, celle d'un autre.

      Cette dernière insinuation le toucha au vif, car le vieux Dupuis excédait souvent les bornes de la tempérance, bien que cela ne lui fût pas arrivé cette fois: aussi avec un malin clignement de ses petits yeux rusés, il répliqua:

      --Merci du compliment, mon bon ami; mais je n'ai pas rencontré aujourd'hui de chrétien assez généreux pour m'offrir sa part. Ce n'est ni ci ni ça, et nous n'avons pas besoin de nous battre parce que je crois de mon devoir d'avertir un vieil ami et un voisin, par pure bonté, quant je vois sa femme s'amuser pendant son absence avec un des jeunes messieurs bien habillés et tout parfumés qui sont en visite chez le seigneur. Ah! vous pouvez bien devenir pâle, car c'est vrai. Ils ont passé trois heures entières dans le jardin tout seuls, hier. Manon les a vus aussi, ce qui fait qu'elle peut vous dire la même chose; et le jour auparavant, la veuve Lapointe les a vus parler ensemble sous le pommier dans le jardin. Elle dit qu'elle est restée à les examiner pendant près d'une heure; et le beau monsieur était tout sourire et tout amabilité pour madame.

      Et il appuyait encore avec emphase sur ce titre.

      Dupuis était petit de taille, faible et avait les cheveux gris; aussi Paul qui possédait une force herculéenne, était trop bon pour satisfaire sa vengeance en usant d'une violence personnelle à son égard. Il fut donc obligé de se contenter de l'empoigner par le haut de con collet d'habit et le lâcher, comme il eût fait d'un petit chien importun, au milieu de la boue du chemin; puis, laissant échapper sur le bonhomme une vigoureuse épithète de coquin, il fouetta son cheval avec fureur, et partit avec une vitesse à se rompre le cou le long de la route inégale.

      Au bout de quelques minutes cependant, il permit au coursier de ralentir le pas en lui abandonnant les guides sur le cou, et, laissant tomber sa tête entre ses mains, il se prit à soupirer en murmurant:

      --Oui, oui, il faut que cela soit vrai!

      Cette pensée seule était une agonie indicible, mais n'enlevait rien à l'apparence de vérité qu'il y prêtait. Il se rappela alors l'admiration et l'étonnement avec lesquels l'élégant militaire avait obstinément suivi tous les mouvements de sa femme pendant la courte visite qu'il avait faite chez lui avec M. de Courval. Il se souvint aussi avec un sentiment mêlé de rage et de désespoir qu'elle avait, sans aucun prétexte à ses yeux du moins, refusé de l'accompagner è la ville.

      Durand état de sa nature d'un tempérament très-jaloux; mais ce défaut avait sommeillé jusque-là, faute de circonstances propres à le développer. En ce moment, il surgit tout d'un coup avec autant de violence et d'énergie que s'il s'y fût toujours laissé emporter toute sa vie.

      Sa colère contre sa femme était adoucie néanmoins de temps en temps par le déchirement qu'il éprouvait de la blessure faite à sa tendresse pour elle; mais sa rage contre de Chevandier était mortelle, et l'eût-il rencontré sur la route qu'il parcourait, on eût eu à déplorer quelque événement fatal.

      Comme il entrait dans sa cour dont la porte était restée ouverte pour son arrivée, il sentit tout son être se contracter à la pensée qu'il allait se trouver en présence de sa femme. Il savait d'avance que tous les reproches et toutes les accusations dont il pourrait l'accabler ne lui apporteraient aucune satisfaction, et il se demandait s'il ne valait pas mieux pour lui poursuivre son chemin jusqu'au Manoir, et là faire venir de Chevandier, et, sans un mot de commentaire ou d'explication, tomber sur lui et prendre une vengeance complète des torts qu'il lui attribuait, tout en servant à M. de Courval s'il se mêlait d'intervenir, un petite dose du même traitement; car après tout, il était l'auteur indirect de toutes ces misères, puisqu'il amenait avec lui dans des maisons humbles et vertueuses des amis élégants et sans principes.

      Pendant qu'il hésitait ainsi sur ce qu'il devait faire, la porte de la maison s'ouvrit et Geneviève accourut dans sa fraîche et pure beauté; posant légèrement son pied mignon sur le marche-pied de la voiture, elle approcha son visage rougissant pour lui donner un baiser. Naturellement distante et peu expansive, rien que l'amour profond qu'elle portait à son mari pouvait l'engager à sortir jusqu'à ce point de sa réserve habituelle; mais lui, détournant la tête comme s'il n'eût pas compris son intention, il dit avec rudesse:

      --Rentres à la maison à cause de la pluie.

      Quelle angoisse déchirant avait traversé son coeur pendant qu'il articulait ces paroles!

      Il avait tant d'amour pour sa femme, tant de confiance en elle, et elle était en apparence si engageante, si aimable, si gentille, qu'elle pût être en réalité! Sautant de son siège, il enleva l'attelage de dessus son cheval, le conduisit à l'écurie, et sans vouloir être aidé par un de ses domestiques qui s'empressait autour de lui, il soigna l'animal et le frotta lui-même.

      Sentant bien alors que l'explication si redoutée entre lui et sa femme ne pouvait tarder plus longtemps, il entra à la maison. La nappe était mise, le souper sur la table, et Geneviève l'attendait debout. Mais qu'il y avait loin de cette femme pâle et tremblante à la joyeuse créature qui avait bondi tout à l'heure si légèrement au-devant de lui pour lui souhaiter la bienvenue! Rejetant impitoyablement les pantoufles brodées qu'on lui avait apportées (au milieu de l'angoisse que la pauvre Geneviève éprouvait sans pouvoir se rendre compte de ce qui se passait, ce léger acte de son mari lui causa un déchirement de coeur que le travail de son imagination lui rendait encore plus cruel) il s'assit à table, mais ne voulut ni manger ni boire, excepté un grand verre d'eau qu'il avala d'un trait. Puis il repoussa sa chaise.

      --Qu'est-ce que tout cela signifie? se demandait pour la vingtième fois la tremblante jeune femme.

      Et ses joues devenaient plus pâles et ses lèvres plus blanches, jusqu'à ce qu'enfin elle craignit de se trouver mal.

      --C'est la pâleur de la culpabilité! pensait Paul. Ah! l'indigne hypocrite!

      --Paul, qu'as-tu? Pourquoi me traiter ainsi?

      --D'abord, réponds-moi à une question, femme! Quels visiteurs as-tu eus ici pendant mon absence?

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